La France se dote enfin d’un cadre stratégique censé articuler santé publique, alimentation et enjeux climatiques.

La publication de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) était attendue depuis plus de deux ans. Sa sortie constitue un soulagement : la France se dote enfin d’un cadre stratégique censé articuler santé publique, alimentation et enjeux climatiques.

Mais cette publication intervient dans un contexte pour le moins troublant.

Alors que le gouvernement met en avant des objectifs de santé, de préservation de la biodiversité et de transition alimentaire, l’Assemblée nationale examine simultanément une nouvelle version de la loi Duplomb (« Duplomb 2 ») ainsi qu’un projet de loi d’« urgence agricole » qui visent à assouplir encore les normes environnementales et sanitaires.

La Confédération Syndicale des Familles (La CSF) dénonce une contradiction politique majeure.

Une stratégie nécessaire… mais insuffisante

La SNANC affiche des objectifs importants : amélioration de la qualité de l’alimentation, meilleure prise en compte des enjeux climatiques, cohérence avec les futures déclinaisons du Plan National Nutrition Santé (PNNS) et du Plan National pour l’Alimentation (PNA).

Nous prenons acte de cette publication. Cependant, la stratégie reste en retrait sur plusieurs leviers essentiels :
• Absence de mesures fortes sur la régulation de la publicité pour les produits ultra-transformés et la malbouffe.
• Pas d’objectifs clairs et contraignants de réduction de la consommation d’aliments ultra-transformés.
• Ambition limitée concernant la transformation structurelle du modèle agricole.

Or, les familles des quartiers populaires que nous représentons sont les premières victimes d’un système alimentaire dominé par des produits industriels à bas coût, riches en sucres, en sel et en graisses, et fortement promus par le marketing.

On ne peut pas prétendre améliorer la santé publique sans agir sur l’environnement commercial et publicitaire.

Duplomb 2 : une fuite en avant dangereuse

Dans le même temps, la proposition de loi dite « Duplomb 2 » entend :
– alléger les normes environnementales,
– faciliter certaines pratiques agricoles intensives,
– réduire les garde-fous sanitaires.

Ce choix politique est en contradiction directe avec les objectifs affichés par la SNANC.

Comment prétendre défendre la santé des citoyens tout en affaiblissant les protections contre les pesticides et les pollutions agricoles ?
Comment parler de biodiversité tout en facilitant des pratiques qui accélèrent son effondrement ?
Comment défendre une alimentation durable si l’on consolide un modèle productiviste fondé sur les intrants chimiques ?

Plus de 600 scientifiques et médecins ont récemment alerté sur l’écart croissant entre l’état des connaissances scientifiques et les choix législatifs. Ignorer ces alertes fragilise la crédibilité de l’action publique.

Les familles ne sont pas dupes. La santé, le climat et la biodiversité ne peuvent pas être des éléments de communication.

Il ne peut y avoir d’alimentation saine sans protection de l’eau et des sols, de justice sociale sans transformation du modèle agricole ou encore de crédibilité politique sans cohérence entre les stratégies et les lois.

La CSF appelle les parlementaires à refuser toute régression environnementale et sanitaire. Nous demandons que la SNANC soit traduite en mesures concrètes, ambitieuses et protectrices, en cohérence avec les connaissances scientifiques et l’intérêt général.

Les familles ont besoin d’actes cohérents, pas de stratégies contredites dès le lendemain par des textes qui fragilisent notre santé et notre environnement.

Contact Presse local : Colin RIEGGER/ sg@lacsf67.org/03 88 23 43 60